Les objectifs tracés par le club kabyle en début de saison s’écroulent l’un derrière l’autre, tel un château de cartes. Pour un club qui a habitué ses milliers de fans à jouer les premiers rôles chaque saison avec en moyenne un titre tous les 15 mois, la saison 2008-09, semble être la plus sombre dans l’histoire fabuleuse des Jaune et Vert. Pourtant avant le début de l’actuelle saison, la direction du club avait misé sur au moins quatre challenges à savoir défendre le titre de champion d’Algérie, jouer à fond la Coupe d’Algérie, reconquérir la Coupe de la CAF et aller le plus loin possible en Ligue des champions à partir du mois de mars prochain. A ces quatre objectifs est venu se greffer la Coupe nord-africaine, ressuscitée au début du mois d’octobre par l’UNAF et dans laquelle la JSK avait l’honneur de représenter l’Algérie en sa qualité de champion. Malheureusement le onze kabyle a « cassé » ses trois coupes l’une après l’autre. La coupe de la CAF et celle nord-africaine avant de se voir éjecter jeudi dernier dès le premier tour en Coupe d’Algérie. Une élimination sans gloire pour les camarades de Achiou, qui ont joué sans grande conviction jeudi dernier face à l’ASO, sinon comment expliquer tant de ratages devant les bois chélifiens, pourtant évoluant à dix et avec un effectif totalement rajeuni, et surtout tant de nonchalance lors de la série des tirs au but au point où ils n’ont transformé qu’un seul ? Maintenant que la coupe est pleine, que reste-t-il pour la JSK à offrir à ses supporters en guise de récompense en fin de saison ? Les plus chauvins espèrent juste une place au podium faute de titre suprême alors que pour les sceptiques, ils ont déjà sorti leurs mouchoirs. Désormais ils n’ont que leurs yeux pour pleurer leurs… petits Canaris.
photo/info: depechedekabylie.com

Les Fennecs sont l'ombre d'eux même
L'équipe nationale algérienne actuellement en phase éliminatoire de la Coupe d'Afrique des Nations/Coupe du Monde 2010 essaiera de se qualifier pour ces deux compétitions malgré les problèmes persistants de son football. Il est intéressant voir nécessaire de faire l'état des lieux du niveau du football algérien.
La sélection algérienne connait un malaise depuis plusieurs décennies. Après avoir séduit le monde du football au cours des coupes du monde 82 et 86, la génération « Madjer » à remporté la CAN 90 sur ses terres. Trophée qui constitue à l'heure actuelle le dernier succès majeur de la sélection nationale. Le football algérien traverse aujourd'hui une crise sans précédent. Plus inquiétant, les Fennecs ne se sont pas qualifiés depuis 2004 en coupe d'Afrique et depuis Mexico 86 pour le championnat du monde. La valeur intrinsèque du joueur algérien en général n'a guère changé: qu'il soit algérois comme Rafik Saïfi ou kabyle comme Rabah Madjer, la technique est l'élément qui caractérise le plus.
En définitive, quel est le problème? Doit on reconstruire un football total en Algérie? Au vu des derniers résultats sportifs, on semblerait y croire au regard de la seconde place occupé par les Fennecs dans leur groupe qualificatif pour la prochaine CAN qui aura lieu en Angola. Même si les résultats de la génération Ziani, Djebbour, Belhadj tardent à confirmer les espoirs placés en eux malgré le gros travail de fond effectué par l'ancien sélectionneur Jean-Michel Cavalli. Actuellement, Sâabane s'emploie à pérenniser le « léger » sursaut des Fennecs. Pourquoi ne pas confier l'avenir du football de ce pays à des « hommes forts » ayant marqué l'histoire du ballon rond? Il serait logique que des anciennes gloires comme Madjer ou Fergani aient un rôle prépondérant auprès de ces jeunes prometteurs (comme Hadj-Aïssa présenté comme le futur Roberto Baggio) dont le talent ne manque pas dans le championnat algérien voire en Europe avec chaque année de nouvelles trouvailles. Pourquoi ne pas laissez encadrer ces jeunes espoirs du cru à la charge de cadres aussi renommés. Malheureusement, les dirigeants de la fédération algérienne ne l'entendent pas de la même oreille.
Eviter le pire
Afin de bâtir un football performant, la F.A.F doit faire preuve d'opportunisme pour avoir des fonds matériels, humains et financiers. Pour cela, cette dernière devra passer par des partenaires et des sponsors en collaboration avec l'Etat. Des constructions de centres de formations sont à prévoir, la rénovation des stades est à l'étude, comme l'implantation et l'entretien de terrain en gazon. Tous ces éléments sont primordiaux pour mener à bien le sauvetage du football algérien. Concernant l'équipe nationale, la priorité réside dans la construction d'un vrai centre de regroupement. Ce centre donc, permettra à chacun de se réunir pendant les stages afin de préparer les matches dans les meilleures conditions.
Il est important de posséder au sein de la fédération un entraineur alliant compétence et qualité humaine. D'autre part, les coaches devraient avoir un diplôme reconnu afin de bien encadrer les jeunes et les former pour l'avenir. C'est l'un des plus grands problèmes du football algérien où la qualité de l'entraineur est rare ...
Au sujet du financement, l'Algérie ne manque pas d'entreprises implantés dans son pays grâce aux compagnies pétrolières, de gaz et autres ... La fédération et l'Etat doivent se donner les moyens afin de convaincre ces hommes fortunés d'investir des capitaux dans le football national.
Le malaise des clubs algériens
Même si les résultats récents sont plutôt assez convaincants avec les victoires consécutives de l'Entente Sportive de Sétif en Ligue des Champions Arabe en 2006 et 2007, les clubs algériens ne sont pas épargnés par les problèmes cités précédemment. Mais le championnat a le statut amateur à la différence de ses cousins du Maghreb: La Tunisie (Espérance de Tunis, Etoile du Sahel) L'Egypte (Al Ahly, Zamalek). En raison d'un manque de fond de pension évident et d'un manque de liquidité « criant », les clubs n'arrivent presque à plus payer les salaires des joueurs. Et ce, malgré le potentiel des grands noms du football local, voir continental comme la J.S.K de Tizi Ouzou, l'U.S.M Alger, l'E.S.Sétif ou le Mouloudia Club d'Alger.
Pour finir, le potentiel est là et n'attend qu'a être exploité. La différence réside dans la formation, qui nécessite des infrastructures dignes de ce nom et des formateurs de qualité. Pour ainsi ne plus attendre que des jeunes joueurs formés en France soient obligés de porter l'illustre maillot des Fennecs alors qu'ils ne sont pas attachés à leur pays d'origine. Entre espérance et reconquête, le football algérien doit se trouver une ligne de conduite claire et précise.
Hocine BOUDIAF.
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